Dombes, Val de Saône. Un territoire en projets...

Région Rhône-Alpes

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Un territoire agricole dynamique mais fragile

Le territoire Dombes val de Saône se distingue par la forte représentation de l’agriculture dans l’occupation des sols. 67% de ses espaces sont à vocation agricole contre 54% dans le département de l’Ain, et 25% sont des espaces naturels principalement occupés par les étangs et dans une moindre mesure par les bois et forêts. Les sols à fort potentiel agronomique du val de Saône et de l’Ouest du plateau de la Dombes sont très majoritairement valorisés par les cultures céréalières.

Les productions végétales

En 1979 les surfaces céréalières occupaient 50% de la surface agricole utile (SAU) dont 22% en maïs. En 2008, elles représentent 65% de la SAU dont 38% en maïs. Alors qu’en 1979 les couverts herbacés (prairies permanentes, temporaires et jachères) les recouvraient 35% de la SAU (dont 26% en prairies permanentes), en 2008 ils représentent 19% de la SAU dont 5% en prairies permanentes.

Cette évolution de l’assolement a suivi des rythmes différents selon les secteurs géographiques du territoire.

A la fin des années 70 et début 80, l’activité d’élevage dans la Dombes et le nord du Val de Saône valorisait une surface en herbe relativement importante, notamment en prairies permanentes. Trente ans plus tard, le paysage agricole a évolué, avec une diminution de l’activité d’élevage bovin et des surfaces en herbes au profit d’une activité céréalière, parfois couplée à de la production avicole et/ou porcine.

Si les cultures céréalières présentent l’avantage d’être forte et bien structurées sur le territoire (coopératives, négociants) et de résister aux phénomènes d’urbanisation, leur développement en périphérie des étangs au dépit des surfaces en herbes a eu un impact néfaste sur la biodiversité.

L’activité de maraîchage, autrefois bien présente dans le val de Saône et les coteaux de la plaine de l’Ain, a fortement diminué. La qualité des terres du val de Saône se prêtait bien à ce type d’activité.

Production bovine

L’élevage bovin reste présent sur le territoire même si le nombre de têtes a baissé de 17% entre 1988 et 2000. La baisse est d’autant plus marquée pour l’élevage laitier. La filière lait est fortement fragilisée depuis plusieurs années par la chute constante des prix du lait.

Entre 2000 et 2008 les effectifs bovins ont diminués en moyenne de -2.5%/an sur le territoire. Dans le val de Saône, de nombreuses exploitations ont stoppé leur activité bovine pour se réorienter vers la production de céréales. De nombreux facteurs expliquent cette évolution : aides de la PAC, contraintes de l’élevage, mise aux normes, pénibilité du travail,...

En Dombes on distingue deux zones, dont la limite se situe au nord de Villars les Dombes.Au nord, ce secteur est resté un lieu de production bovine en polyculture-élevage. Les systèmes de production ont évolué, l’ensilage (d’herbe ou de maïs) se diffusant progressivement pour l’alimentation des animaux. Au sud, l’orientation technico-économique des exploitations s’est largement dirigée vers les grandes cultures.

Au final, si le nombre de bovin sur ce secteur a diminué, le potentiel de production laitière local a été maintenu, notamment du fait de l’agrandissement, de la modernisation et de l’intensification des élevages.

La production avicole

L’activité d’élevage de volailles est aussi très présente sur le territoire, avec différents types de production. Malgré la reconnaissance des productions du territoire, la consommation locale de ces produits est peu développée pour des raisons organisationnelle et économique. L’association Dombes Qualité commence un travail important de communication et de sensibilisation auprès des restaurateurs et bouchers du territoire pour promouvoir et faire connaître les produits de la Dombes.

La pisciculture

La pisciculture est une activité dombiste traditionnelle puisque les premières utilisations des dépressions naturelles, ou leschères, comme plans d’eau d’empoissonnement et de pêche, remontent au Moyen-âge. Depuis plusieurs années, on observe un découragement des propriétaires à pratiquer une activité piscicole sur leurs étangs, du fait d’une pression accrue des oiseaux piscivores (cormoran, héron, aigrette) et d’une augmentation des coûts de productions. Le projet de création d’une marque collective permettra peut être de dynamiser la filière qui montre des difficultés à se structurer.

Les circuits courts

Le bassin de consommation local et ceux constitués par les 3 agglomérations voisines sont des atouts certains pour le développement des circuits courts sur le territoire. Le réseau départemental « Bienvenue à la ferme » fédère une partie des points de vente directs à la ferme. Cependant les agriculteurs en vente directe sur le territoire demeurent assez dispersés et font peu de publicité.

2 points de vente collectifs ont été créés sur le territoire et regroupent un ensemble de producteurs :

  • Les Fermiers de la Dombes à Villars-les-Dombes (créé en 1998)
  • La Meuh à Parcieux (créé en 2008 avec le soutien du CDRA et de la Région Rhône Alpes).
  • 2 autres points de vente se sont implantés à proximité sur Châtillon-sur-Chalaronne et dans la plaine de l’Ain.

La forêt

Le territoire Dombes val de Saône se distingue par un taux de boisement peu important. Les parcelles sont de petites tailles mais font parties intégrantes de plus vastes propriétés qui comprennent également des terres agricoles, et généralement un étang voire du bâti. Si la structure du parcellaire forestier apparaît morcelée, la gestion de ces surfaces est donc intégrée à la gestion d’une propriété plus vaste.

Côté Val de Saône, les massifs forestiers sont moins importants et le parcellaire sensiblement plus morcelé. Il s’agit pour l’essentiel de petits boisements, au milieu des terres agricoles.

Les milieux naturels remarquables du territoire Dombes val de Saône

Le val de Saône

La partie val de Saône du territoire est parcourue par un réseau hydrographique superficiel important d’affluents de la Saône. Sur le territoire du syndicat mixte, au sein de cet espace déjà remarquable que constitue le Val de Saône, quelques sites ont été identifiés pour leur très forte valeur écologique :

  • ZNIEFF de type 1 « Lit majeur de la Saône » (01010009),
  • ZNIEFF de type 1 « Iles et Prairies de Quincieux » (01010011)

L’enjeu sur ce secteur est bien de préserver ce vase d’expansion des crues, de préserver les aquifères pour l’alimentation en eau potable et maintenir ou restaurer les zones humides.

La préservation des prairies humides du Val de Saône, est un enjeu fort de continuité terrestre Nord-Sud. L’enjeu sur ce territoire concerne essentiellement la préservation de la faune et de l’avifaune, le maintien du réseau bocager et la connectivité avec les régions voisines.

On relève également des problèmes important d’inondations et d’érosion des sols sur le bassin du Formans, contre lesquels les communes concernées tentent de se prémunir.

La Dombes des étangs

La Dombes, avec la présence de plus de 1300 étangs, est une zone humide d’exception, d’importance internationale pour sa biodiversité et notamment pour les oiseaux d’eau. Etant donné cette densité d’étangs, ce sont 47500 ha qui ont été classés en zone Natura 2000, au titre des directives « oiseaux » et « habitats » en zone de protection spéciale et en zone spéciale de conservation (arrêté du 17 octobre 2008).

L’étang traditionnel dombiste présente de faibles fonds et des berges en pentes douces propices au développement de végétations rivulaires et flottantes et à l’apparition de vasières en période d’été. La diversité des milieux (alternance de prairies, d’étangs, de bosquets et de culture) et des modes de gestion (valorisation piscicole, cynégétique ou zone naturelle préservée) qui caractérise la Dombes a largement contribué à la richesse de la biodiversité.

Evolution de la biodiversité en Dombes

Alain Bernard et Philippe Lebreton dans la revue « Les oiseaux de la Dombes : une mise à jour » font un constat alarmant :

« Sur les quelques 150 espèces que connaît la Dombes en période de nidification, pas moins de 25 sont en baisse et 13 seulement en progrès depuis 1990 ; une telle proportion est une des plus importantes relevées en Europe dans le siècle écoulé. » Les canards sont particulièrement révélateurs de l’évolution écologique des étangs.

La fonte la plus spectaculaire est celle du Colvert, dont les effectifs nicheurs ont été divisés par dix en quarante ans. En moyenne la Dombes a connu une diminution des populations des canards nicheurs de 85 % entre les années 60 et 2000.

L’évolution des populations d’oiseaux d’eau est directement liée à l’état de conservation des vasières, des herbiers aquatiques et des prairies permanentes.

Une étude réalisée en 2006 par l’ONCFS rend compte de l’état de conservation des milieux liés aux étangs :

  • vasières : état de conservation moyennement favorable, 47% des étangs n’auraient pas de vasière.
  • végétations aquatiques : tendance à la régression, 30% des étangs seraient sans herbiers aquatique.

De nombreuses hypothèses existent sur les facteurs de diminution de la reproduction des anatidés en Dombes. La progressive diminution des surfaces en herbes et le développement des fauches précoces ont joué un rôle dans cette dynamique. Par ailleurs, cette diminution des zones de niddification renforce l’impact des prédateurs qui participent fortement à la destruction des couvées de canards.

La qualité de l’eau

Toutes les études menées sur le territoire, que se soit en Dombes ou du côté du val de Saône, témoignent de la présence de nombreux polluants dans les étangs et rivières. L’essentiel de ces polluants (pesticides, nitrates et phosphates) sont d’origine agricole, cependant la part attribuable aux sources domestiques, aux activités industrielles, aux collectivités, à l’entretien des voiries et des réseaux ferrés, n’est pas à négliger.

L’approvisionnement en eau des étangs

Les étangs de la Dombes ont la grande particularité de ne pas être alimentés en eau par des sources mais uniquement par les eaux de pluies. La gestion et la maîtrise de l’eau en Dombes sont donc régies par un ensemble de coutumes et de savoir-faire séculaires liant les propriétaires, mais qui se transmettent de plus en plus difficilement. L’étang dombiste est géré de façon originale. La mise en valeur des étangs se fait selon un cycle d’évolage (mise en eau) puis d’assec (vidange et culture du fond de l’étang enrichit par les limons).Chaque propriétaire doit l’eau à l’étang situé en aval. Il lui transmet par différents ouvrages et un réseau de fossés qu’il faut sans cesse entretenir. Si les vidanges ne sont plus assurées, les niveaux d’eau plus respectés ou les fossés plus entretenus, c’est tout le fonctionnement dombiste qui est bouleversé.

Une fragilisation du système écologique et économique de la Dombes

La perte du capital cynégétique de la Dombes apparaît comme un risque majeur pour la préservation de la biodiversité des étangs dombistes. Cette diminution des populations de canards menace aussi la pérennité de la traditionnelle chasse au gibier d’eau sur le territoire, véritable locomotive économique des étangs. Cette activité constitue une source de rémunération indispensable, qui permet à de nombreux propriétaires fonciers d’assurer les coûts importants liés à l’entretien des étangs.

L’abandon progressif de l’activité piscicole par certains gestionnaires d’étangs a des conséquences néfastes sur le fonctionnement hydraulique et écologique des étangs de la Dombes. Un étang qui n’est plus pêché, n’est généralement plus vidé. Dés lors interviennent des problèmes d’approvisionnement en eau des étangs situés en aval. Par ailleurs diverses études attestent que le maintien d’une activité piscicole extensive favorise la diversité écologique du milieu. Les poissons fouisseurs (carpes, tanches,..), principale production dombiste, en remettant en suspension des sédiments limitent la pénétration de la lumière dans l’eau et ralentissent ainsi le processus d’eutrophisation des étangs.

Comme toute activité économique, l’agriculture dombiste est inscrite dans une logique de compétitivité. La fragilité économique des élevages bovins du territoire, a engendré une évolution des systèmes d’exploitation et parfois une réorientation céréalière. L’accroissement constant des surfaces céréalières au détriment des surfaces en herbe et l’intensification des élevages continuent d’accentuer la pression environnementale de l’agriculture sur un milieu naturel dombiste déjà extrêmement fragilisé. Cependant on constate depuis quelques années une évolution des techniques culturales, une multiplication des idées pour développer des pratiques agricoles plus respectueuses, et une prise de conscience du monde agricole de la fragilité de l’écosystème de la Dombes

L’équilibre de la Dombes repose sur la pérennisation de ces trois activités traditionnelles (pisciculture, agriculture et chasse) indispensables à la bonne gestion écologique et économique des étangs et leur implication commune dans un projet de développement durable du territoire.